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Nom du blog :
universmagique
Description du blog :
Vous trouverez nos créations littéraires, un univers fantastique que vous ne voudrez plus quitter.
Catégorie :
Blog Art
Date de création :
10.08.2008
Dernière mise à jour :
03.11.2009

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Le passage en version papier

Publié le 03/11/2009 à 21:29 par universmagique



à découvrir sur edilivre.com

Le passage de Corinne Vomscheid et Richard Gehenot



Animaux en détresse

Publié le 02/10/2009 à 14:18 par universmagique
Animaux en détresse
en cliquant sur ce site, vous aidez les animaux en détresse.

http://www.actuanimaux.com

Histoire de loup

Publié le 13/09/2009 à 17:01 par universmagique
Histoire de loup
Histoire de loup...

Lauréat (4ème prix) du 13ème Festival de Bandes Dessinées à Gisors...



Enfin dans les kiosques...

Publié le 28/08/2009 à 10:05 par universmagique
Enfin les voilà sur papier... "le début d'une nouvelle ère"
"A l'aube d'un renouveau" et
"les routes du paradis"



http://www.priceminister.com/s/vomscheid

http://www.priceminister.com/offer/buy/83869413/richard-gehenot-a-l-aube-d-un-renouveau-livre.html

http://www.priceminister.com/offer/buy/83869395/richard-gehenot-les-routes-du-paradis-livre.html

Extrait du chapitre 2 : En forêt

Publié le 23/08/2009 à 16:32 par universmagique
Extrait du chapitre 2 : En forêt
En arrivant à l'orée de la forêt, Mélina huma le parfum délicat des feuilles recouvertes de gouttelettes, qui venait agréablement chatouiller ses narines. Se ressourcer au cœur de la nature était le meilleur moyen pour se refaire une santé. Les premiers chemins qu'elle sillonna étaient dégagés, la plupart étaient recouverts de gravillons facilitant la marche. Elle s'arrêtait de temps à autre pour contempler quelque arbuste au feuillage original et reprenait son parcours le cœur léger. Mélina se laissait guider par cette flore enchanteresse, ayant l'impression d'être envoûtée par ces diverses allées qu'elle parcourait depuis un certain temps. Elle n'aurait pas été capable de décrire ce qu'elle éprouvait, mais elle se sentait transportée dans un état second, une émotion nouvelle à ce jour. Ces arbres aux formes singulières la fascinaient, ils semblaient lui parler au milieu du bruissement des feuilles et du craquement des branches se mouvant au souffle de la brise légère. Le soleil commençait à décliner, il disparaissait timidement derrière les arbres, il ferait bientôt nuit. Melina, poussée par une force inconnue, poursuivit malgré tout son excursion et s'aventura sur des sentiers plus difficiles d'accès dont la végétation devenait de plus en plus dense au point de devenir quasiment infranchissable.

Derrière elle, les arbres, comme par enchantement, semblaient se resserrer, l'empêchant de retrouver son chemin. Mais elle n'en avait nullement conscience. Elle continuait à traverser la forêt, s'engouffrant dans des zones de plus en plus sombres. Comme hypnotisée, elle avançait sans savoir où elle allait. Tout à coup, elle crut entendre un bruit incongru qui la sortit de sa torpeur. Elle s'arrêta alors, scrutant l'horizon, mais ne vit que ces arbres aux formes de plus en plus inquiétantes à mesure que la nuit tombait. Elle se remit à marcher, faisant craquer sous ses pieds les branches mortes qui obstruaient la route, puis soudain se figea. Mélina entendit à nouveau le bruit qui ressemblait à une sorte de hurlement. Les battements de son cœur s'accélèrent et l'angoisse la saisit. Elle venait de prendre conscience qu'elle était seule au milieu d'une forêt inconnue. La jeune femme n'aurait même pas su dire où elle était exactement. Elle savait seulement qu'elle marchait depuis au moins deux heures, car le soleil avait fait place aux ténèbres.

— Qui est là ? demanda-t-elle d'un ton paniqué en pivotant sur elle-même.

Mélina n'eut en retour que l'écho de sa propre voix, l'absence de bruit l'oppressa. Elle n'osait plus bouger et regrettait désormais de s'être aventurée aussi loin. « Quelle imbécile je suis ! » se dit la jeune femme. « Je n'aurais jamais dû me laisser séduire par la beauté de cette flore ! »

Corinne Vomscheid , Mystère dans la forêt de Haye

Messages codés

Publié le 23/07/2009 à 18:48 par universmagique
Messages codés
Bientôt un nouveau roman à découvrir... la vie exceptionnelle d'un couple qui doit faire face aux rudes épreuves que lui inflige le destin avant de pouvoir vivre enfin leur amour au grand jour...

Chapitre 16 : Locuste

Publié le 21/07/2009 à 13:43 par universmagique
Chapitre 16 : Locuste
Locuste pêchait en bordure d'un petit lac noir. Elle aimait se trouver seule au milieu de l'immense forêt pour en ressentir ses vibrations. Les animaux sauvages ne s'approchaient pas d'elle. Il émanait de Locuste une aura mystérieuse amplifiée par l'atmosphère inquiétante de la forêt. Le soleil se levait au-dessus du lac et se reflétait dans ses eaux troubles. Locuste regarda la boule de feu monter au centre de l'horizon avec cette pensée d'une puissance céleste hors de portée de main qu'elle enviait. Un jour, elle voyagerait dans les étoiles pour les explorer. Au fur et à mesure de l'augmentation de l'intensité, Locuste remarqua dans le ciel un point lumineux grossir à l'horizon. Elle vivait depuis si longtemps au milieu de la forêt qu'elle en avait oublié que les phénomènes pouvaient venir du ciel.
Toute sa famille était sur ce petit îlot recouvert d'une luxuriante végétation. Quand elle était isolée, de curieuses images surgissaient dans sa tête. Elle voyait dans le ciel un combat inégal, la fuite d'une sphère avec un messager à bord. Locuste savait que le point lumineux n'était pas un objet céleste ordinaire.
La surface du canot se consumait dans l'atmosphère, il se rapprocha du sol à une vive allure. Les ralentisseurs inertiels hors d'usage avaient pris feu, la catastrophe était inévitable. Une traînée noirâtre sortait aussi des entrailles du module. Elle sentait la vie à l'intérieur de la sphère. Locuste se leva et courut vers le lieu de l'impact, abandonnant ses articles de pêche sans regret. Elle éprouvait un sentiment intense qui la poussait à aider l'être fragile enfermé dans la sphère. Des souvenirs lointains lui revenaient en mémoire. Elle découvrait qu'elle n'avait pas toujours vécu sur ce petit coin de forêt. Le nom de Cueva ne lui était plus inconnu, avec lui toute une foule d'impressions.
Locuste grimpa sur le plus haut des arbres pour savoir où la boule de feu s'abattrait. Un large sillon écrasa la cime des arbres enneigés. L'air avait frotté contre les parois du canot, celles-ci commençaient à brûler. Le revêtement de plastique était traité de telle façon qu'il pouvait résister à de plus fortes températures. Par contre la végétation proche n'était pas protégée. L'incendie se circonscrit tout de même au contact de la neige. Locuste était rassurée, un brasier ne risquait pas de dévorer toute la forêt. Elle savait qu'il lui faudrait deux heures pour rejoindre le lieu de l'accident. Elle souhaitait que le passager reste à bord. Il ne connaissait pas le danger de cette forêt.
Le canot s'était écrasé au milieu des marais. Le péril était encore plus grand. Une tache lumineuse éclaira le visage de Bongo. La lumière vive le réveillait mieux qu'une douche froide. Le petit hublot brisé laissa passer les premiers rayons du soleil. Le naufragé était toujours dans le canot au milieu de fils électriques arrachés par le choc de l'accident. Une odeur de brûlé empestait l'habitacle. Bongo avait perdu la petite boîte contenant les anneaux. Cela le chagrinait tant qu'il se sentit coupable d'un crime. Il remarqua un trou dans la cloison, le choc avec le sol avait expulsé des débris vers l'extérieur. Bongo se releva et franchit le trou. La porte, hors d'usage, refusa obstinément de s'ouvrir. Il bénit un antique dieu païen d'avoir provoqué cette ouverture, car sans elle il serait enfermé à bord. Bongo tourna autour des restes du canot. Il trouva miraculeusement la petite boîte contenant les anneaux enfoncée dans de la neige. Sa joie fut de courte durée, des cris d'animaux sauvages lui arrivaient aux oreilles. Jamais il n'avait foulé de la terre, ayant toujours vécu sur son navire. Il était inquiet, il avait perdu tous ses points de repère. Les cris des animaux se rapprochaient, Bongo serra fort la boîte dans ses mains en se demandant ce qu'il pouvait faire.
Le naufragé s'éloigna du canot pour chercher un chemin qui menait à une zone peuplée, notamment à un port grouillant de navires. Il devait trouver l'ancien apprenti de Cueva pouvant le débarrasser des anneaux. Bongo saisit la petite boîte, il suivit le fleuve dans l'espoir de trouver une barque abandonnée. Un fauve surgit près du canot, renifla des traces de sang sur un disque de métal brisé, puis rugit et courut vers le fleuve.
Locuste arriva près des restes de la sphère qu'elle toucha. Ce contact éveilla en elle des souvenirs. Elle hurla de douleur, car elle perçut la souffrance de milliers de personnes. Son maitre, Cueva, lui avait touché le front pour provoquer une amnésie temporaire. Elle revoyait désormais son adoption en tant qu'adulte au sein du peuple des arbres. Elle avait été abandonnée au milieu de la forêt. Locuste savait maintenant pourquoi elle devait aider ce voyageur solitaire, il était le détenteur des anneaux de puissance.
La jeune femme solitaire s'approcha des restes du canot. « Il ne se trouvait plus à l'intérieur » comme elle le pensait. Locuste découvrit une trace de félin des marais qui l'inquiétait beaucoup plus que la disparition du bonhomme. Ces animaux étaient féroces, et suivaient leur proie durant des semaines afin d'assouvir leur faim. Locuste courut derrière la piste, et ôta son gant. Elle portait à son doigt un anneau, le même que ceux de son ancien maître. Elle n'avait jamais réussi à l'enlever. Locuste portait les gants pour éviter d'attirer l'attention de la milice locale. Une personne en haillon avec un anneau d'or était fortement suspecte.
Elle n'était jamais tombée malade depuis qu'elle vivait au milieu de ce peuple. Elle avait vu vieillir les enfants de ses amis qui avaient le même âge qu'elle. Locuste avait l'aspect d'une jeune fille de vingt ans, elle vieillissait très lentement. Depuis ce jour elle avait décidé de vivre seule dans la forêt.
Le bolide dans le ciel l'avait fortement impressionnée : elle avait vu en lui toute une vie qui avait basculée sur son orbite. Son destin était lié à celui de ce voyageur étranger, elle devait l'aider. Elle ne prendrait aucun repos tant qu'elle ne l'aurait pas retrouvé.
Le soleil disparaissait derrière l'horizon, les journées étaient courtes sur cette lune forestière. Elles duraient en moyenne quelques heures. Les nuits étaient longues, trop froides à son goût. L'îlot tournait sur lui-même, il ne suivait pas une course ordinaire autour du soleil. Les animaux sauvages trouvaient facilement leur proie la nuit. Durant celle-ci, nombreux étaient ceux qui se perdaient dans la forêt.
À la tombée de la nuit, Bongo eut froid. Le vent soufflait dans les branches, l'ambiance était sinistre. Il serrait toujours la petite boîte dans ses mains. Il serait si facile de mettre l'un de ces anneaux pour se sentir vraiment en sécurité. Mais il ne devait pas se laisser aller à la facilité.
Le félin était proche de sa victime qui se reposait au bord du fleuve sur un monticule de terre. Bongo se sentit en sécurité en haut de ce petit tertre insignifiant. Le félin mugit de plaisir, dans quelques secondes il serait sur l'innocent pour le dévorer. Puis il prit son élan et bondit sur sa victime qui tomba à la renverse. Locuste intervint et saisit le prédateur par le ventre, le jeta dans le fleuve en furie. Le monstre disparut, happé par les flots. Des reptiles aquatiques profitèrent de l'aubaine pour améliorer leur ordinaire. Bongo n'avait vu qu'une tache rousse arriver sur lui et arrêtée par une main invisible. Il avait protégé sa tête de ses deux mains en attendant un choc qui n'était pas venu. Une voix chaude l'accueillit simplement.

— Bonjour ! Vous devez être un touriste ? Savez-vous qu'il est dangereux de sortir la nuit ?

— Je m'appelle Bongo, je ne visite pas cet îlot et je suis loin d'être un touriste. Je déteste la terre ferme et tout ce qu'il y a autour. Le vert m'oppresse à un tel point que j'en suis malade.

Locuste observait le petit bonhomme d'un air amusé. Il ne se rendait pas compte qu'il avait failli perdre la vie. Les rayons d'une lune proche éclaira une petite zone de l'îlot. À cette saison, les nuages étaient moins nombreux. Regarder la lune était donc un moment privilégié car il permettait de mieux voir la nuit.
Le fleuve étant bien éclairé, les détails étaient donc plus visibles, surtout quant il y avait du danger. Les animaux féroces rodaient toujours autour d'eux. Locuste sortit de l'ombre, s'approcha pour observer son interlocuteur. Ce fut sa curiosité qui la poussa à prendre ce risque. Bongo eu un mouvement de recul, sa tenue vestimentaire l'effrayait. Locuste ne compris pas tout de suite cette méfiance, elle l'avait pourtant sauvé. Elle toucha la peau de félin séchée lui servant de pagne. Locuste effleura de la paume de sa main, les feuilles composant son chemisier. Elle avait toujours eu ces vêtements alors pourquoi cet homme était-il effrayé ?

— Ne craignez rien, je ne suis pas un bandit des bois. Si je voulais attenter à votre vie vous ne seriez plus de ce monde depuis un long moment. Suivez-moi vite avant que d'autres animaux sauvages ne viennent nous dévorer.

Bongo courut derrière Locuste. Celle-ci avait bondi au milieu de la forêt. Elle avait fait un saut de dix mètres sans effort apparent. Locuste s'était arrêtée, elle lui criait de le suivre rapidement. Bongo cacha la boîte contenant les anneaux sous sa toge, son sauveur ne devait pas poser trop de questions embarrassantes avant de savoir qui était vraiment l'élu.


Richard Gehenot, les routes du paradis

Arrivée dans une ère nouvelle

Publié le 10/07/2009 à 19:46 par universmagique
Arrivée dans une ère nouvelle
Nahum et Kira voyaient enfin le bout du pont qui accédait sur une baie luxuriante, abritant le zoo de San Diego. Les arbres semblaient faire plusieurs dizaines de mètres de hauteur avec des troncs d'une taille impressionnante. La forêt était en partie composée de chênes plusieurs fois centenaires qui étalaient leur épaisse frondaison, et des arbustes grimpants s'enroulaient autour d'eux. Le couple remarqua en outre un fouillis de branches brisées et de souches arrachées. Ils durent abandonner leur véhicule à contrecœur, les chemins n'étant praticables qu'à pied. Kira n'était pas rassurée de devoir laisser la voiture, leur seul habitacle pour se protéger. Mais ils n'avaient pas le choix s'ils voulaient trouver rapidement de quoi nourrir Joen. Le bébé ne cessait pas de pleurer depuis une heure et la jeune femme ne produisait pas suffisamment de lait pour pouvoir le nourrir correctement. En sortant de la voiture, l'agréable odeur de champignons et de mousses détendit un instant Kira qui ferma les yeux pour inhaler ce doux parfum effleurant ses narines. Nahum l'observa d'un regard amoureux, apaisé de la voir enfin relaxée. Il ne leur fallait pas perdre leur temps, il la fit donc revenir à la réalité.

— Allez, Kira ! Dépêchons-nous de trouver un refuge avant la tombée de la nuit !

Le couple réussit à s'aventurer sur un chemin praticable. Au bout de deux heures de marche, Kira commença à désespérer de trouver un abri pour la nuit et de quoi trouver à manger pour le bébé. Elle mit les mains en visière, constatant qu'une végétation prolifique s'étendait à perte de vue autour d'eux.

— Es-tu certain que ce zoo existe, Nahum ?
— Arrête de t'angoisser, ma chérie. Nous allons finir par le trouver. Je peux t'assurer qu'il existe réellement. Il s'agit du zoo de San Diego d'après l'hololivre. Le parc animalier se trouverait à l'est du pont que nous venons de traverser.
— Et si nous n'étions pas parvenus là où tu crois ?
— C'est impossible, le GPS fonctionne encore. J'avais programmé notre véhicule pour qu'il nous emmène au zoo. Nous sommes sur la bonne voie.
— Et que sais-tu précisément sur ce parc ?
— Les dernières espèces animales ayant survécu au cataclysme nucléaire ont été mises en sûreté dans d'immenses dômes souterrains pour éviter leur extinction. À la surface, la vie n'était plus possible, comme tu t'en doutes ! Un zoo a donc été reproduit dans les sous-sols en respectant fidèlement les conditions naturelles de l'environnement de la faune et la flore. Nous sommes entrés par là et les animaux ont donc été normalement préservés, mais personne ne doit s'occuper d'eux. Il faut être prudent pour ne pas finir en repas.

Le couple continua à marcher au milieu des arbres gigantesques jusqu'à ce qu'ils tombent sur le coude d'une rivière qui formait un petit bassin. Puis ils longèrent le cours d'eau qui les conduisit près d'une cascade se déversant le long de l'entrée d'une grotte. Nahum s'approcha de celle-ci et se faufila à l'intérieur. Après avoir balayé du regard la grotte, il fit signe à Kira de venir. La jeune femme qui portait le bébé dans ses bras, escalada avec précaution les rochers et elle dût faire un saut pour rejoindre Nahum qui lui tendait la main. Ils pénétrèrent à l'intérieur d'une immense voûte souterraine dont les parois étaient recouvertes d'une multitude de petits cristaux. Puis ils parcourent plusieurs galeries éclairées par de petites veilleuses installées au plafond.

— Cet endroit doit être habité pour être balisé de la sorte ! fit remarquer Kira.
— Pas forcément. Tu sais bien que les lumières sont alimentées par des batteries qui se rechargent grâce à l'énergie solaire.

Le couple longea plusieurs galeries et arriva devant une immense porte blindée avec un hublot en verre armé. Nahum resta un moment devant celle-ci, perplexe. Il se frotta le menton, cherchant le mécanisme d'ouverture. Il finit par remarquer sur le côté un renfoncement dans lequel était glissé un petit boitier ressemblant à une commande d'ouverture manuelle. Nahum la dégagea et appuya sur l'unique bouton. La porte blindée s'ouvrit doucement en grinçant. Nahum et Kira franchirent le seuil avec précaution. Ils n'avaient aucune idée de ce qui les attendait derrière. La première chose qui s'offrit à eux fut une gigantesque cavité d'une profondeur phénoménale.
— Où sommes-nous arrivés ? demanda Kira, intriguée, en balayant les lieux du regard.

— Regarde ! s'exclama Nahum en montrant un plan affiché sur la porte blindée.

Le couple s'approcha et découvrit qu'ils étaient parvenus à l'entrée du zoo tant réputé de San Diego. Le plan montrait les différentes ailes aménagées du parc, classées en cinq catégories : les poissons, les amphibiens, les reptiles, les oiseaux et les mammifères. Ils constatèrent, découragés, que la section réservée aux mammifères était la plus éloignée. Il leur fallait dans un premier temps traverser l'immense passerelle suspendue au dessus du gouffre. Le ponton suspendu ne rassura pas Kira lorsqu'elle posa le pied sur celui-ci. Il se mit à tanguer de gauche à droite et il n'était composé que de simples lattes en bois maintenues les unes aux autres par une corde qui semblait avoir subi l'usure du temps. Une rampe en piteux état était le seul moyen de protection pour se protéger du précipice aux rapides regorgeant de crocodiles.

— Veux-tu que je me charge de Joen ? demanda Nahum en voyant l'air affolé de Kira qui serrait nerveusement la tête du bébé contre elle pour le préserver du danger.
— Non, tout va bien, répondit la jeune femme en se forçant à sourire.

Nahum l'emmitoufla dans une longue étoffe de coton et l'enroula autour de Kira pour qu'elle ait les mains libres. La traversée du pont d'une longueur d'une centaine de mètres fut longue et éprouvante. Kira dérapa à plusieurs reprises sur les lattes, mais elle s'obstina à chaque fois, refusant de donner Joen à Nahum pour qu'il le porte. Le cœur de Nahum battait très fort à l'idée de perdre sa femme et son fils. C'est avec un grand soulagement qu'ils arrivèrent enfin de l'autre côté de la rive. Quand ils regardèrent derrière eux, ils songèrent que le retour serait tout aussi laborieux que l'aller. Pour le moment, leur principale préoccupation était de nourrir le bébé dont les hurlements se faisaient de plus en plus stridents. Kira décida de faire une halte pour lui donner un peu de son lait. Elle en avait peu si bien que l'enfant ne fut pas repu. Il continua à gémir. Nahum massa les épaules de Kira pour la détendre tout en lui parlant.

— Ne t'inquiète pas, ma chérie. Nous sommes sur la bonne voie, nous allons finir par trouver ce que nous cherchons.
La jeune mère tourna la tête vers Nahum tout en maintenant celle de son fils.
— L'aile réservée aux mammifères est à l'autre bout de ce parc ! Nous sommes loin d'être arrivés.

Le couple quitta la passerelle et pénétra par un long tunnel de verre dans un important complexe divisé en plusieurs bassins et aquariums regroupant différentes variétés de la faune marine. Nahum et Kira restèrent interdits face aux aquariums derrière lesquels nageaient des poissons aux formes et aux couleurs inédites. Ils se demandaient qui pouvaient bien les nourrir. Kira avait toujours pensé que les poissons étaient principalement gris. Mais là, ils se déclinaient dans toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, leur taille variait d'une espèce à l'autre... c'était incroyable ! La jeune femme était si émerveillée par ces trésors qu'elle en oublia un instant les raisons de leur venue en ces lieux. Le petit Joen avait fini par se calmer en sentant sa mère se détendre.

— Ne perdons pas de temps ! insista Nahum. Nous pourrons revenir observer ces poissons plus tard une fois que nous aurons trouvé du lait.

Kira jeta un dernier regard au dauphin qui faisait un ballet en son honneur en les arrosant.

— Tu as vu ses yeux, Nahum ? On dirait qu'il essaie de communiquer avec nous.
— J'ai lu dans les hololivres que les dauphins étaient des êtres très intelligents qui s'entendaient bien avec les humains. C'est vrai qu'il a un air attachant. Il donne l'impression de nous sourire en permanence.

Le couple quitta à contrecœur le dauphin. Seul Joen était content de reprendre la route. L'enfant n'aimait pas les positions stationnaires de ses parents, cela le rendait nerveux. Une fois qu'ils eurent quitté l'immense complexe marin, ils pénétrèrent dans une section très différente de la précédente consacrée aux amphibiens. Ils la traversèrent rapidement et entrèrent ensuite dans un nouveau complexe dont la température et l'humidité les saisirent à la gorge. Il faisait très chaud, c'était étouffant. La lumière artificielle aussi était agressive, ce que le bébé ne manqua pas de faire remarquer en poussant des cris à percer les tympans. Kira eut beau tenter de le calmer en le berçant, rien n'y fit. Joen montrait clairement qu'il ne se plaisait pas parmi les reptiles. Le couple aurait pourtant aimé regarder ces petits animaux à la tête curieuse et au corps recouvert d'écailles. Ce monde était si fascinant !

— Joen sait s'affirmer ! s'exclama Nahum en riant.
— C'est bien le fils de son père ! rétorqua Kira en lui faisant un clin d'œil.

Le département suivant les impressionna encore plus que les précédents. Il s'agissait d'un espace réservé aux oiseaux. Kira et Nahum reconnurent certaines espèces qu'ils avaient déjà rencontrées sur l'île, mais les voir voler ainsi dans les immenses volières donnait un effet saisissant. Ils se déplaçaient par dizaines dans les airs en entonnant des chants mélodieux, puis se perchaient sur une branche d'arbre, gonflant fièrement leur poitrail. Ils se mettaient alors à pépier de façon assourdissante. L'arrivée des trois humains les intriguèrent. Ils se tinrent tous alignés aile contre aile, observant les nouveaux visiteurs d'un œil alerte. Kira fut sous le charme d'un perroquet au plumage bleu dont l'abdomen était jaune et la gorge noire. L'oiseau la fixait sans bouger sur une maisonnette en bois.

— Tu as vu les traits noirs sous ses yeux ? On dirait qu'il est maquillé ! Et ce bec, un vrai crochet ! En voilà un autre ! s'extasia Kira en frappant des mains comme une petite fille. Celui-ci est rouge ! Comme la nature est belle ! Pourquoi ne sommes-nous pas à l'image de tous ces êtres ?
— Pourquoi ? Tu aimerais être recouverte de plumes comme eux ?

Kira pouffa de rire. Elle se dit que les animaux étaient mieux dotés que les humains qui devaient se vêtir de vêtements pour paraître élégants. Eux possédaient une parure naturelle comme le plumage ou la fourrure.

— Viens, Kira ! Nous allons enfin arriver dans le département des mammifères et trouver du lait pour Joen. Il a faim ma chérie. Tu auras tout le temps d'admirer ces charmants oiseaux une fois que notre fils sera rassasié.

Corinne VOMSCHEID, Un zoo au paradis

Extrait du chapitre 18 : retour dans le présent futur

Publié le 01/07/2009 à 21:34 par universmagique
Extrait du chapitre 18 : retour dans le présent futur
Fléville, avril 2019...

La pluie fine qui maculait le visage d'Elina finit par la sortir de son apathie. Allongée au milieu d'un tapis de verdure, la jeune femme cligna plusieurs fois les yeux avant de les garder ouverts. Son esprit embrumé ne situait pas l’endroit où elle se trouvait. En relevant la tête, elle vit un ciel d'ardoise filer d'Ouest en Est au-dessus du château de Fléville et fut étonnée de ne pas apercevoir la deuxième tourelle. Elle repoussa une mèche qui lui balayait le visage et s'appuya sur ses coudes pour se relever. À quelques mètres d'elle se trouvait une vasque totalement délabrée dont elle n’avait pas souvenir. Sa grand-mère avait tout rénové, il y avait quelques années. Comme c'était curieux ! La pluie tombait toujours lorsqu’elle emprunta une allée de terre où ses pieds s'enfonçaient à chaque pas. Elina détestait se promener par ce temps. Vêtue légèrement, elle sentit l'humidité traverser ses vêtements et frissonna. En accélérant la cadence pour se mettre à l'abri, elle arriva dans la cour du château et s'immobilisa, stupéfaite. L'édifice était entouré de douves et la cour gravillonnée. Qu'était-il donc arrivé au tapis de verdure et aux parterres fleuris ? Quant à la façade, elle était nue. Il n'y avait pas la moindre trace de fleurs sur le grand balcon. « Mais que se passe-t-il ? » s'interrogea-t-elle, inquiète. Elle se dirigeait vers l'entrée principale du château lorsque quelqu'un l'interpella :

— Madame, vous ne pouvez pas entrer, les visites sont finies pour aujourd'hui. Je vous prierais de revenir demain à partir de 14 heures.

Elina toisa l'homme qui se tenait devant elle. Il l'intrigua par sa remarque et sa tenue vestimentaire de très mauvais goût.

— Je suis Elina Enod, la petite-fille d'Alyssa Enod.

L'homme fit une moue dubitative.

— Et alors ? Suis-je censé vous connaître ?

Elina sentait le rouge lui monter aux joues. Comment pouvait-il ignorer l'existence des Enod ?

— Il va bientôt être 19 heures, nous allons fermer les portes au public. Je vous serais gré de regagner l'entrée.
— Mais, vous ne pouvez pas me mettre comme ça dehors. Je fais partie de la famille !
— Si c'était le cas, je vous aurais reconnu. Ne faites pas d'histoires ! dit-il en la poussant vers la sortie.

Elina obéit à contrecœur. Elle se retrouva devant le grand portail qui lui semblait très différent de celui qu'elle connaissait. Même la rue s'était métamorphosée : celle-ci était silencieuse et les voitures stationnées le long des trottoirs étaient archaïques ! La jeune femme ne se rappelait même pas avoir vu ces modèles de toute son existence... des véhicules avec des pots d'échappement. Quelle horreur ! C'était contraire à l'éthique promulguée par la loi de 2098. Elina haussa les épaules et traversa la rue pour se diriger vers l'église, face au portail. Au moins l'édifice religieux n'avait pas changé. La jeune femme remarqua l'absence d'immeubles avec leur façade de verre et de béton. Soudain, tout fut évident ! Elina se rappela ses derniers instants avant d'ouvrir les yeux au milieu du parc. Elle se tenait face au portrait de son aïeule lorsqu'un tourbillon lumineux s'était formé pour l'emporter dans son sillage. Elina n'avait pas compris ce qu'il lui arrivait. Mais à présent, elle se souvenait de l'allusion de sa grand-mère qui avait jugé sa présence essentielle lorsqu'elle s'était enfin décidée à sortir le médaillon de son coffret.

— C'est le médaillon qui m'a envoyée ici ! s'exclama Elina à haute voix. Je ne suis pas dans le Fléville de l'année 2113, mais probablement dans celui de mon arrière-arrière-grand-mère en 2009 ! Je viens de faire un saut de plus de cent ans dans le passé... c'est époustouflant ! Mais que vais-je faire maintenant dans ce monde inconnu ? C'est Amina qui aurait dû revenir, pas moi ! Il doit y avoir une erreur...

Elina entra dans l'église et s'installa près de l'autel pour réfléchir. D'un geste nerveux, elle toucha machinalement le médaillon posé sur sa poitrine et celui-ci se mit à étinceler. Elle observa le bijou s'animer, perplexe. La jeune femme savait selon les dires de ses aïeules que celui-ci ne s'illuminait que dans des cas précis. Soit le transfert imminent de celle qui le portait allait s’activer, soit le médaillon se manifestait pour signaler qu'un proche était en danger. Repartir aussitôt n’avait aucun sens. Qui devait-elle alors protéger ? Une seule réponse lui vint à l'esprit : il ne pouvait s'agir que d'Amina, son arrière-arrière-grand-mère ! Elina continua à regarder le médaillon qui renvoyait des éclats de lumière sur les vitraux et illuminait toute l'église. La jeune femme se sentit tout à coup faible et alla s'asseoir sur l'un des bancs.

Le phénomène attira l'attention d'une vieille femme qui longeait le trottoir de l'église. Elle regarda ces étranges lumières s'échappant par toutes les ouvertures de l'église sacrée. Très croyante, elle crut que la Vierge Marie se manifestait dans l'enceinte de l'église. Sous le ciel plombé, les lumières paraissaient encore plus étincelantes. On aurait pu s'imaginer une aurore boréale ! N'y tenant plus, la septuagénaire décida d'aller voir de ses propres yeux ce qui animait ainsi le bâtiment religieux. Quand elle franchit la grande porte en chêne, elle remarqua au fond de l'église une jeune femme en appui sur ses coudes, la tête entre ses mains. La vieille femme emprunta l'allée principale et Elina releva la tête en entendant des bruits de pas dans son dos.

— Amina ! s'exclama la vieille femme. Mais que fais-tu donc ici toute seule ? Tu devrais être auprès d'Alric, il a besoin de toi.

Elina scruta l'inconnue, dubitative. Cette dernière connaissait apparemment son aïeule. Peut-être pourrait-elle l'aider à la retrouver dans ce monde où elle n'avait aucun point de repère. Le médaillon poursuivait son ballet de lumières au grand étonnement de la vieille femme qui en croyait à peine ses yeux. Son regard alla du visage d'Elina au bijou. Elle vit que la jeune femme ne se sentait pas bien. Le médaillon s'alimentait en effet de l'énergie de la jeune femme pour rester actif.

— Que t'arrive-t-il donc, ma pauvre petite chérie ? Tu viens certainement ici pour te recueillir et prier pour Alric afin qu'il guérisse rapidement. Je suis si triste de ce qu'il lui arrive ! Le destin est si injuste, termina-t-elle en voulant la serrer contre elle.

À ce geste, Elina la repoussa doucement. Cette septuagénaire était une parfaite inconnue, elle se sentait terriblement mal à l'aise. Elle releva les yeux et rencontra son regard.

— Allez, viens, je vais te raccompagner chez toi. Tu seras bien mieux que dans cette église.

La vieille femme l'aida à se relever et la maintint par les épaules, Elina se sentait encore faible, mais le médaillon semblait perdre de son intensité. Elle suivit la vieille femme qui la prenait pour Amina. Elle espérait qu'elle la conduirait dans la maison de son aïeule. Elina ne s'expliquait pas qu'Amina puisse courir un quelconque danger, elle avait toujours entendu dire que c'était une femme forte. Mais son aïeule avait besoin d'elle si le médaillon l'avait envoyée en 2009. Elina se demandait en outre qui était cet Alric que mentionnait sans cesse cette femme. Serait-il une connaissance de son aïeule ? Tant de questions se bousculaient dans son esprit confus.

Le secret du médaillon ,Corinne VOMSCHEID

extrait du chapitre 24 : Rencontre singulière

Publié le 21/06/2009 à 15:22 par universmagique
extrait du chapitre 24 : Rencontre singulière
Amina et Anaël consultèrent le plan du métro et virent qu'une ligne rejoignait le sud de Rome. N'ayant pas sur eux de quoi payer les tickets, ils prièrent pour ne pas être contrôlés. Heureusement, la chance fut avec eux. Une fois parvenus au terminus, ils empruntèrent une ligne de bus qui les conduisit à la lisière de la ville. Le cadre était différent : le brouhaha du centre-ville avait fait place au chant des oiseaux. Amina et Anaël étaient arrivés à proximité de vastes espaces verdoyants. Au loin, ils aperçurent une colline sur laquelle se dressait une maison de style romain, la seule à dominer les alentours. Derrière elle, une forêt semblait former une forteresse infranchissable.

— Vous croyez qu'il s'agit de la villa de Démétrius là-bas ? demanda-t-elle en pointant du doigt la demeure.

— C'est même certain d'après le message laissé sur le parchemin.

— Nous avons encore du chemin à faire ! soupira Amina. Elle paraît si proche à vol d'oiseau, en revanche à pied, nous en avons pour plus d'une heure avant d'y parvenir.

Amina et Anaël arpentèrent les sentiers traversant les champs semés de colza, puis se retrouvèrent au milieu d'une immense prairie piquetée de petites fleurs de printemps jaunes et blanches. Une brise légère venait caresser leurs visages. Ils arrivèrent enfin au pied de la colline. Les deux jeunes amis commençaient à fatiguer de leur escapade. Ils avaient marché durant des heures depuis leur arrivée à Rome. Lorsqu'ils parvinrent devant le portail de la villa, le soleil s'éclipsait derrière le rempart d'arbres. Amina appuya sur la sonnette d'entrée et une voix masculine se fit entendre dans l'interphone.

— Bonsoir, je suis Amina Enod et...

— J'arrive ! fit l'homme en ne laissant pas le temps à la jeune femme de terminer sa phrase.

Un instant plus tard, un homme barbu d'une soixantaine d'années aux cheveux blancs coupés courts descendait l'allée de dalles. Il marqua un temps d’arrêt quand il vit la ressemblance entre Amina et sa fille : elle était frappante. Amina, à son tour, reconnut dans les yeux du vieil homme ce regard bleu si particulier qu'elle avait déjà croisé lors de ses voyages temporels. C'était le même que celui d'Alaric et d'Amancio. Même Anaël en fut saisi. L'expression qu'ils dégageaient était si proche de celle de son frère Alric, qu'il crut un instant lui faire face. Ils se regardèrent tous les trois, surpris.

L'homme accueillit finalement Amina et Anaël chaleureusement, leur ouvrit le portail et leur fit signe de le suivre.

— Je vous attends depuis si longtemps, dit-il en se tournant vers Amina. Je désespérais de vous voir. Vous arrivez juste à la nuit tombante. Vous avez finalement compris le message d'Amy. Entrez donc par ici, dit-il en montrant la salle de séjour.

« Cette Amy a bien existé. » se dit mentalement Amina. « Mes songes nocturnes ont donc une signification dans le monde réel, et les légendes découvertes dans les livres sont donc vraies ! C'est incroyable tous ces éléments qui se raccordent les uns aux autres ! »

Amina, suivi d'Anaël, pénétra dans une pièce ornée de fleurs et de plantes grimpantes aux couleurs vives. Elle embrassa les lieux d’un regard admiratif. La pièce était peu meublée, mais décorée avec goût à l'ancienne mode romaine. L'homme leur fit signe de s'asseoir dans les fauteuils en osier et sortit un instant du séjour. Il revint rapidement avec un plateau chargé de jus de fruits et de petits fours. Amina et Anaël furent étonnés par tant de délicatesse. La jeune femme avait hâte que l'inconnu en vienne à la raison de leur visite... Tant de mystères tournaient autour de son médaillon. Une fois que le sexagénaire eut pris place dans l'un des fauteuils en osier, il se présenta.

— Je suis Claude Démétrius. Et quel est donc le jeune homme qui est avec vous ? demanda-t-il, en fronçant les sourcils.

Il ne s'attendait pas à avoir la visite de deux personnes. Le visage du jeune homme lui rappelait un proche, au point de le troubler.

— Je vous présente Anaël, répondit simplement Amina. Un très grand ami.

— Ah... il peut donc être mis dans la confidence ? demanda-t-il en levant un sourcil.

— Oui, il connait toute l'histoire du médaillon. Il est ici pour m'aider.

— Cette histoire doit certainement vous sembler extravagante ?

— Elle ne l'est plus maintenant. De découverte en découverte, je constate que les éléments s'imbriquent de façon tout à fait logique. Vous savez, j'ai fait énormément de recherches pour comprendre les mystères qui entouraient le médaillon et je ne suis pas certaine d'avoir tout élucidé. Vous allez certainement pouvoir m'aider. Vous semblez être la dernière étape de mes longues investigations, celle qui va enfin me permettre de retrouver une existence tranquille, enfin je l'espère... Je me demandais si vous étiez un descendant de ce Claudius Démétrius ? fit Amina, hésitante.

— Je m'attendais à cette question cruciale. Oui, je le suis. Et je détiens ce que vous cherchez. Mais avant, j'aimerais vous raconter l'histoire des origines du médaillon.

Amina avala sa salive, anxieuse. Tout ce suspense autour du bijou commençait à lui peser. Anaël, pour la tranquilliser, glissa sa main dans la sienne et la serra fermement pour lui montrer qu'il était là pour elle. Amina pressa à son tour sa main en signe de gratitude.

— Claudius Démétrius a fait de son temps une découverte révolutionnaire qui a changé du jour au lendemain son existence et celle de ses descendants, en particulier celle de sa fille Amy. Il a assisté à l'embrasement d'une météorite qui a illuminé le ciel à des centaines de kilomètres à la ronde pour aller s'écraser derrière les collines de Ludrinium. La curiosité l'a alors poussé à aller voir de près cet étrange phénomène. Et c'est là qu'il a vu ces pierres briller d'une lueur singulière. Il a alors examiné l'un de ces cailloux à l'aide de son glaive, puis une fois qu'il a compris que tout danger était écarté, il en a glissé plusieurs dans sa besace et les a ramenés chez lui. Deux jours plus tard, il revenait sur les lieux pour emporter toutes les pierres. C'est ainsi qu'il a conçu le médaillon que vous connaissez et qu'il s'est mis à façonner des bijoux de toutes sortes.

— Si je puis me permettre, l'interrompit Amina, comment avez-vous obtenu ces informations ? J'ai fait bon nombre de recherches et je n'ai jamais trouvé une histoire aussi détaillée !

— Claudius a transmis un parchemin à sa fille Amy où il décrit son étrange découverte avec ces pierres venues des cieux. Avant de lui confier le parchemin qu'il avait scellé dans un coffret, il lui a offert le médaillon, celui que vous portez.

Le cœur d'Amina manqua un battement quand Démétrius mentionna le coffret. Elle se demandait si c'était celui-là même qu'elle avait eu en cadeau la veille.

— C'était le premier bijou qu'il concevait à partir de ces pierres, poursuivit le sexagénaire. Il n'a pas choisi n'importe quel caillou pour le fabriquer, il a pris celui qui émettait des clignotements à intervalles réguliers et de couleur violette. C'était d'ailleurs le plus gros, il faisait une trentaine de centimètres de diamètre. Intrigué, il l'a donc rapporté dans son atelier pour l'étudier. Il a alors vu que le minéral s'animait.

— S'animait ? s'exclamèrent en cœur Amina et Anaël.

— C'est bien évidemment une façon de parler. Imaginez une voyante qui regarde dans sa boule de cristal et y découvre un certain nombre de choses. Claudius, lui, a aperçu le visage d'une femme se former à la surface de la pierre et lui transmettre un message. Des signes sont apparus au fur et à mesure, le message était limpide.

Amina et Anaël regardèrent le sexagénaire les yeux aussi ronds que des billes.

— Quel était donc ce message ? bredouilla la jeune femme.

— Claudius devait récupérer les débris de la pierre qui s'étaient brisée lors de son écrasement sur le sol et retrouver tous les autres minéraux, en particulier ceux d'une teinte verte. Combinés les uns aux autres, ces cailloux déployaient une énergie phénoménale permettant l'ouverture d'une brèche vers un autre monde. À ce moment, Claudius ne le savait pas encore. Après avoir rassemblé tous les cailloux dans son laboratoire, il a à nouveau observé la pierre dans l'espoir de revoir cette femme. Mais ce ne fut pas le cas et il a alors placé le gros caillou bien en évidence sur sa cheminée, passant des heures à le regarder sans que rien ne se produise. Découragé, il n'y a plus prêté attention et s'est concentré sur les petits morceaux qu'il avait accumulés. Il a taillé ceux de teinte verte en quatre trapèzes, et avec les fragments de la pierre violette il a conçu une gemme en forme de goutte. Il a alors assemblé le tout pour en faire un médaillon et a orné les pourtours de petites perles nacrées qu'il avait trouvées un jour en s'enfonçant dans une grotte. Une fois son travail achevé, l'inconcevable s'est produit. Alors qu'il se réchauffait au coin du feu devant sa cheminée, un tourbillon de lumière s'est formé tout autour du caillou, enveloppant Claudius d'un courant d'air chaud. Il a vu la silhouette d'une femme sortir de la pierre, celle-là même qui lui avait transmis le message. « Je viens d'un futur très lointain » lui a-t-elle dit. « Je suis la déesse du Temps. Tu as le privilège d'avoir en ta possession ces cailloux qui sont issus de mon monde. Ils ne sont pas d'origine organique, mais ont été conçus par mon peuple. Je me suis heurtée à un problème lors de mon dernier voyage et mon programmateur temporel a explosé en milliers de fragments. Tu as réussi involontairement à m'attirer dans ton monde en combinant les pierres pour en faire un médaillon. » Je peux vous garantir que Claudius a cru qu'il devenait fou, continua le sexagénaire. Il ne comprenait pas ce que lui racontait cette femme étrange. Elle a alors poursuivi : « Ce bijou est précieux, mais il ne te sera d'aucune utilité si tu ne le confies pas à un être dont l'énergie cosmique est semblable à la mienne. Je ne suis pas ici par hasard. Amy, ta fille, est mon double cosmique. Son énergie combinée à celle de ces pierres va lui permettre d'accéder aux couloirs du temps et d'entreprendre la traversée des époques pour rééquilibrer les forces célestes qui ont été déstabilisées lors de mon intrusion dans votre univers. Je me suis retrouvée confrontée à mon autre moi au mauvais moment au mauvais endroit dans le futur, ce qui a entraîné l'explosion de mon programmateur temporel. Je ne sais par quel miracle je suis toujours en vie, mais mes forces s'amenuisent, je ne tarderai pas à disparaître. Ta fille doit retrouver l'être dont l'énergie cosmique sera semblable à la sienne et faire en sorte qu'elle soit en possession du médaillon sans que le cours de l'existence n'en soit perturbé. Son double cosmique devra choisir d'acquérir le médaillon de sa propre initiative, aucune force extérieure ne devra l'y forcer. »


Corinne Vomscheid , Le secret du médaillon